Bonjour à tous

Aujourd’hui je partage avec vous ma première expérience “Trail”. Le trail c’est une course dans la nature, en général sur des sentiers et la plupart du temps en montagne (du moins chez nous…). Le trail est souvent synonyme de très longues distances avec beaucoup de dénivelé positif et négatif. Contrairement à la course à pied, on porte un sac à dos pour avoir de quoi se ravitailler en chemin ainsi que des bâtons pour s’aider dans les endroits techniquement difficiles.

Ceux et celles qui me connaissent savent que je suis adepte de course à pied depuis quelques années déjà. Certes, je ne suis pas toujours assidue et il y a des périodes où je n’en fais pas ou très peu. L’hiver la course à pied cède sa place au ski de randonnée et l’été ce sont plutôt les apéros et les grillades qui ont raison de ma motivation… Entre deux il m’arrive de courir un peu.

L’hiver dernier je cherchais des chaussures tout-terrain car j’aime bien aller courir dans la forêt derrière chez moi et au début du printemps c’est souvent boueux voire encore un peu enneigé. Après avoir essayé plusieurs pairs, le vendeur me propose des chaussures de trail Salomon qui vont aussi pour la route. Je les ai tout de suite adoptées car on s’y sent vraiment comme dans des pantoufles. Mais elles ne sont pas en Gore-tex et donc elles prennent l’eau…. Mon problème de pieds mouillés n’étant pas réglé et comme je n’ai pas envie d’investir dans une troisième pair de baskets, je me dis que ce serait peut être l’occasion de me mettre au trail afin qu’elles me soient au moins utiles à quelque chose. En général on décide de faire du trail et après on s’équipe, dans mon cas ce fut donc l’inverse. C’est ainsi qu’en février j’ai décidé de m’inscrire à mon premier trail.

Après m’être un peu renseignée ici et là, j’ai jeté mon dévolu sur le trail de Paccots parce que:

  1. c’était près de chez moi
  2. mon mari l’avait déjà fait et avait trouvé sympa
  3. ils proposaient un “petit” parcours de 17km, avec 1000m de dénivelé, ce qui me paraissait faisable
  4. la date était encore libre dans mon agenda

Vu que le nombre de dossards était limité, je me suis inscrite le jour même de l’ouverture des inscriptions et bien m’en a pris car à midi tous les dossards étaient vendus! Pire que Paleo!!!!

Croyant avoir fait le plus dur en ayant réussi à obtenir un dossard, je ne me suis plus trop inquiétée pour cette course qui a lieu le premier weekend de juin. Les mois ont passé sans que je ne m’entraîne spécifiquement pour du trail. C’est finalement environs un mois avant la course que je me suis rendue compte qu’il fallait peut être penser à travailler les côtes. J’ai donc fait exactement 4 sorties en montagne avec du dénivelé allant de 500 à 800 m pour me préparer. Une sortie par semaine …rien de bien sérieux. Je suis néanmoins à chaque fois partie avec mon petit sac à dos et mes bâtons pour me mettre en condition.

Comme mon fils avait congé le jeudi et vendredi précédant la course, nous sommes montés en famille à Grimentz pour un weekend prolongé. C’est donc seule que je suis descendue samedi, veille de la course, afin de me préparer et d’être sur place le dimanche matin. J’en profite encore pour aller récupérer mon dossard le samedi et ainsi éviter de devoir faire la queue le dimanche matin. Bon, il faut dire que j’étais assez cool. Pas de pression ni d’objectif temps vu que je n’avais de toutes manières aucune référence sur ce genre de course. Mon but était de terminer la course si possible sans me blesser.

Je retire donc mon dossard par un temps magnifique et dans un carde bucolique sous le regard attentif de Marguerite.

Je me couche tôt samedi soir, et dimanche matin à 5 heures je n’arrive déjà plus à dormir. Je profite donc pour me faire un copieux petit déjeuner et réviser la composition de mon sac à dos. Il faut obligatoirement une couverture de survie, une bande élastique, un sifflet, une veste et un minimum de 0,5l d’eau. Ensuite je me rends en voiture à Châtel où je retrouve ma copine Elise qui s’est inscrite avec son mari sur le parcours de 27km. Nous laissons nos voitures à Châtel et prenons le bus navette de 7h30. Arrivé à la patinoire, on reçoit encore une tasse de thé/café avec une tranche de cake au chocolat dans une ambiance très conviviale. Je n’ai pas très faim après mon petit déjeuner copieux, mais je me force quand même à prendre un bout de gâteau. A 8h45 nous avons droit au briefing de la course et à 9h15 c’est le départ du trail de 17km.

Je connais bien le parcours puisque je suis déjà venue en reconnaissance. Ça commence par un kilomètre de faux-plat jusqu’à la montée des Rosalys. Je dois m’arrêter 2 fois pour fixer les lacets de mes chaussures durant le premier kilomètre… du coup je me retrouve assez rapidement en queue de peloton. Qu’importe, la course est encore longue et je me dis que j’aurai l’occasion de dépasser plus tard. À l’entrée de la forêt le chemin devient étroit et ça bouchonne un peu. Finalement on rejoint le parking des Vérollis et là c’est la longue montée du Pralet qui nous attend. C’est durant cette montée que je vais enfin pouvoir dépasser et prendre mon rythme de croisière. La pente se raidit encore sur la fin et fait place à des marches. L’ambiance est sympa, ça plaisante de part et d’autre, tout le monde marche dans la montée, ce n’est pas possible autrement. Arrivée au sommet du Pralet je m’arrête pour boire un coup et ranger mes bâtons dans le sac pour la descente. Je réalise que je suis la seule qui s’arrête et que les gens gardent leur bâtons à la main durant toute la course. Mais je me sens plus à l’aise avec les bras libres pour courir en descente. La descente est jolie entre forêt et pâturages, tout se passe bien avec seulement un ou deux passages un peu boueux. Arrivé à la Cuva cela fait déjà 1h15 que nous sommes parti et nous avons parcouru 8 km. C’est le premier ravitaillement avant la montée du Vuipey. Il y a du pain, du fromage, du saucisson, des oranges, des bananes, des barres de céréales, bref c’est assez complet mais je me contente de boire. Pas de gobelets ni bouteilles, nous sommes sensé avoir notre gobelet officiel sur nous. J’en profite pour ressortir mes bâtons et remplir ma gourde. Même si le début est assez raide, je trouve la montée au Vuipey plus facile que celle du Pralet. Par contre je commence à avoir faim et je regrette de ne pas avoir pris de ravitaillement solide en bas. Je rêve à un bon plat de macaronis d’alpage en passant la buvette du Vuipay que nous laissons en contre-bas sur notre droite. Au pied du Teysachaux se trouve la bifurcation des trails de 17 et 27. Pour nous c’est maintenant la grande descente! Mais avant je m’arrête pour sortir une barre de céréale et ranger mes bâtons une fois de plus! Le plus gros du dénivelé est derrière moi, mais je sais qu’il y a deux montées dont une terrible sur la fin. Un petit bout de la descente se fait sur une route goudronnée pour éviter d’abimer les parcs à vaches. C’est clairement la partie la moins rigolote de la course. Ça descend assez raide et les articulations sont mises à rude épreuve sur le bitume. Je suis obligée de ralentir car je commence à sentir un point de côté qui va disparaitre dès que je rejoins le sentier. S’en suit une jolie partie dans la forêt plus ou moins à plat avec une légère descente jusqu’au deuxième ravitaillement qui se trouve vers la rivière de Rathvel. Cette fois je me fais plaisir: fromage, pain, oranges et bananes finissent dans mon estomac! On papote avec les bénévoles, j’en oublie presque que c’est une course! Directement après le ravitaillement nous traversons la rivière à pied. Le rafraîchissement est bienvenu et je repense aux chaussures en Gore-Tex et je me dis qu’elles n’auraient servi à rien vu que j’ai de l’eau jusqu’aux cheville. Par contre je m’inquiète de devoir finir la course avec les pieds trempes car je commence déjà à sentir un frottement au niveau du gros orteil…. Mais après quelques mètres déjà, je ne sens plus vraiment de différence, surtout qu’une nouvelle montée dans les pâturages nous attend. A ce moment le soleil commence à taper fort alors que jusque là c’était toujours un peu couvert. Je commence à me faire dépasser par les premiers concurrents du trail des 27 km qui nous retrouvent sur le dernier tronçon. C’est une toute autre allure! Au passage d’un fil électrifié je me prends une décharge en touchant le fil avec mon bâton. Ça me fait plutôt rire. Certains ne font absolument pas de cas et baissent le fil à la main, surtout ne pas perdre de temps, quitte à se prendre du jus… La prochaine descente se fait dans une forêt extrêmement boueuse, c’est le tobbogan et d’ailleurs plusieurs concurrents finissent sur les fesses. Entre la boue, les racines et les jambes qui commencent à fatiguer, je me dis que ce n’est pas le moment de se fouler une cheville alors que ma montre indique déjà l’entame du 16ème kilomètre. A ce moment j’en suis à 2h48 de course et vu qu’il me reste théoriquement moins d’un kilomètre à parcourir je commence à rêver de finir sous les 3 heures…. mais c’est sans compter avec le fait que d’abord le comptage des kilomètres sur une telle course est assez approximatif et en plus que le dernier bout est vraiment très raide… On nous fait encore traverser la Veveyse où j’en profite pour nettoyer mes chaussures qui sont pleines de boue. Enfin arrive la dernière montée avec ses marches pour arriver aux Paccots. Je l’attendais, je savais que ça allait être dur jusqu’à l’arrivée et j’étais prête dans ma tête. Pourtant je n’arrive plus à avancer. Les marches sont hautes et irrégulières, les minutes défilent et je commence à sentir des crampes aux deux mollets. Arrivée aux Paccots, il faut encore monter un petit bout le long de la route qui mène au lac des joncs pour rejoindre la place de jeux des Paccots et enfin remonter la dernière pente sur la patinoire. Je n’ai plus envie de courir mais la vue d’une fille au dossard de la même couleur derrière moi me motive à ne pas me faire coiffer au poteau. Ça y est, c’est fait! Je passe la ligne d’arrivée en 3h08 et ma montre indique 18km de course! Franchement à part un cloque au gros orteil je me sens bien. Je m’attendais à souffrir d’avantage.

A l’arrivée je retrouve Nathalie qui a fini en 2h55! Vous pourrez d’ailleurs bientôt lire le compte rendu de sa course sur son blog ici! J’ai ensuite le temps d’aller me doucher et de me ravitailler avant d’assister à l’arrivée d’Elise en 5h10 – à qui je tire mon chapeau pour avoir parcouru 27 km avec plus de1800m de dénivelé et tout ça avec le sourir!

Enfin la journée se termine par les fameux macaronis à la double crème au Tsalé, parce que je ne pouvais pas quitter Les Paccots sans avoir cédé à la tentation qui m’a hanté pendant une bonne partie de la course.

Verdict: une journée absolument splendide, un temps magnifique dans un décor de rêve. Des bénévoles au petit soin, une ambiance vraiment sympa. C’est sûr l’année prochaine je serai à nouveau sur le trail des Paccots!