Lorsque nous avons aménagé dans notre maison, le jardin était entouré d’une haie de thuyas. Il faut dire que notre quartier est très densément construit donc les voisins sont souvent assez proches et il n’y a pratiquement pas de dégagement. Pourtant aujourd’hui nous avons arraché les thuyas et les avons remplacé par des arbustes indigènes. Pourquoi?

 

Les haies de thuyas sont de véritables murs verts. Souvent taillés au cordeau, homogènes, ils ne laissent quasiment aucune visibilité et restent verts toute l’année. Ils sont bon marchés, ont une croissance rapide, robustes, ne prennent que peu d’espace tout en offrant le maximum d’intimité. C’est pour ces raisons qu’ils sont encore si souvent utilisés. Par contre ils n’offrent aucun intérêt écologique. Ce sont des espèces exotiques, certes tout à fait adaptées à notre climat, mais n’apportent rien d’intéressant pour la faune locale. Pas de petites baies à manger pour les oiseaux ni de matériel pour les nids des hérissons. Niveau esthétique c’est le néant. Ils n’offrent aucune variation au cours de l’année : pas de changement de couleur ni de floraison. Bref on pourrait les remplacer par des arbres en plastique, ce serait pareil.

 

Ces dernières années les laurels ou lauriers-cerise sont devenus pour beaucoup l’alternative au thuyas. Et pourtant c’est encore pire, car ils se reproduisent de manière anarchiques et commencent sérieusement à envahir nos forets, en faisant une concurrence aux espèces indigènes. Comment ? Simplement parce que les graines sont mangées par les oiseaux et emportés plus loin où elles se ressèment. Leur croissance est si rapide qu’ils peuvent très vite coloniser une forêt et empêcher les autres arbres de pousser. Bref ce sont des plantes envahissantes donc tueuses de biodiversité. Et là je vais vous avouer un truc : nous avons 1 laurier-cerise dans notre jardin. Il nous cache l’entrée du garage du voisin. Alors ce que je fais, je le taille régulièrement et surtout je coupe les fleurs dès qu’elles commencent à se former afin d’éviter que les oiseaux viennent manger les baies et les dispersent. Bien sur avec un seul arbre on peut encore garder un peu le contrôle. Lorsque vous avez 15m de haie de laurel je pense que vous n’allez pas vous amuser à couper les fleurs. Donc à éviter absolument dans une haie!

 

Malheureusement quand je me promène dans mon quartier, il n’y a presque que ça (avec les thuyas). Et pourtant les alternatives existent. Quoi de plus beau qu’une haie variée composée d’espèces indigènes qui fleurissent à tour de rôle offrant à chaque saison un tableau différent ? On trouve aussi parmi les espèces indigènes des arbres à feuillage persistant comme le houx, le pin, le buis ou l’if si on souhaite une couverture verte toute l’année. Les semi-persistants comme le charme gardent leurs feuilles en hiver mais les perdent au printemps lorsque les nouvelles repoussent. Il y a aussi des espèces indigènes comme par exemple le cornouiller sanguin qui perd ses feuilles en hiver mais dont le bois est rouge vif ce qui apporte de la couleur dans le jardin en plein hiver. Bien sûr rien ne vous empêche de planter une seule espèce et de la tailler droite si vous souhaitez une bordure nette. Il existe tellement d’alternatives à la classique haie de thuyas ! Chacun y trouvera son bonheur.

 

 

 

Alors bien sûr cela demande un peu de patience, car en choisissant une haie variée faite d’espèces indigènes vous n’aurez pas autant d’intimité au lendemain de la plantation. Ils pousseront moins vite mais après quelques années vous aurez une haie qui demandera moins d’entretien. Et quel plaisir de voir les oiseaux venir picorer les graines ou se poser sur les branches…

Pour vous montrer ce que ça donne en vrai j’ai fait une petite vidéo.